• Diane

L'épisode du parking

Mis à jour : 29 juin 2019



Fin août & fin de journée sur un parking. Une voiture - immatriculée bien de chez nous - est stationnée au milieu du parking bloquant l'accès à la place handicapée sur laquelle je souhaite me garer, la conductrice est debout à côté de sa voiture. Elle semble attendre quelqu'un.


Mon mari est au volant. Il lui fait un geste pour lui dire que nous souhaitons nous garer. Elle se redresse vers nous et sans prendre la peine de se rapprocher nous lance : "C'EST UNE PLACE HANDICAPÉE !".


Mon mari acquiesce et répond "Oui, merci, nous avons une carte et nous souhaitons nous y garer".


La femme renvoie alors : "Bien sûr ! Vous avez l'air handicapé !" et refuse de bouger sa voiture.


Un coup de frein à main sec et sa ceinture débouclée, mon mari sort de la voiture. Ça y est, il est énervé. Le ton monte de son côte aussi.


Je reste dans la voiture, je regarde la scène sans bouger même si j'ai le coeur qui bat fort. Ils se disputent et ne m'entendent pas mais je tente une phrase en passant ma tête par la fenêtre : "Elle n'est pas censée savoir !" mais justement de quoi se mêle-t-elle ?! En warning sur le parking, non seulement elle nous bloque l'accès mais en plus, elle joue au flic, elle se permet d'émettre un avis et nous parle mal.


Désormais nez à nez, elle s'offusque : "Vous savez à qui vous avez à faire ?"

Il répond : "Et vous, vous le savez ? Vous savez ce qu'à ma femme ? Vous êtes de la police ?Reculez votre voiture sinon c'est moi qui le fait."


La voie est dégagée, nous nous garons. Je sors de la voiture sans un regard et avance sans me retourner. Peut-être que la scène a attiré des regards mais je ne remarque rien, ça n'est pas à moi d'avoir honte.


Lui, retourne la voir pour clôturer : "La prochaine fois, tournez votre langue dans votre bouche avant de parler."

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Si l'acceptation de sa propre situation me semblait la partie la plus difficile de l'handicap, il semblerait qu'il faille aussi composer avec l'attitude de certaines personnes étrangères qui n'ont pas assez à s'occuper de leur propre nombril.


Parce que je n'ai ni prothèse, ni fauteuil, je devrais me justifier auprès des "jugeurs" ?

Devrais-je me balader avec mon dossier médical ? Devrais-je soulever mes vêtements pour montrer mon corps abimé ? Devrais-je baisser la tête dès que je gare sur une place bleue ?


80% des handicaps sont invisibles, quant à la bêtise humaine, il semblerait aussi que la stat' soit inversée.


Diane HARY | +33(0)6.66.38.70.17 | Côte Basque - FRANCE

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