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Que la force de Frida soit avec moi !

Mis à jour : 29 juin 2019



At the end of the day, we can endure much more than we think we can” disait Frida. Certainement même qu’elle le disait en espagnol.


En réalité, Je ne me suis penchée sur la vie de Frida Kahlo que récemment et aussi idiot que cela puisse paraître, je me suis sentie proche d’elle. Seule une personne qui fait l’expérience de la douleur physique (et donc de la souffrance psychique) comme Frida, pouvait sortir une telle phrase.


Jusqu’à présent, je pensais bien vivre cette phrase à cause de mon dos. Je réalise, après ces derniers jours, que finalement, je peux endurer encore bien plus. J’ai même envie de créer un hashtag #BienditFrida ou #BigUpFrida. A déterminer.


Vendredi soir dernier, après des semaines d’attente, je passais l’IRM tant attendu. Je redoutais cet examen mais j’avais hâte ! Je voulais comprendre ses putains de douleurs qui coupent mon corps en deux depuis près d’un an, qui me prennent la tête au point de me faire douter de de tout, qui me font détester mon dos alors que j'essaye de tout mon coeur de l'aimer. De m'aimer. De m’aimer Mieux.

Le D-Day, j’ai passé 15 minutes en culotte à attendre de savoir si l'IRM tant attendu était finalement réalisable compte tenu de ma prothèse auditive placé en 2013 pour corriger mon otospongiose. En attendant, je parlais toute seule dans mon box, je doutais, j’espérais en ma caillant les fesses.


Une fois dans le tube, j’ai respiré durant 10 longues minutes, les yeux fermés, avec un casque à la musique étrange dans les oreilles tandis que cette machine assourdissante me faisait paniquer de l'intérieur. J'avais envie de crier "sortez moi de là" mais je suis restée calme en priant les dieux du dos, les dieux de l'ostéogenèse imparfaite, les dieux de la scoliose et aussi les dieux de l'arthrose pour ne pas avoir de hernie discale ! En tête à tête avec le médecin, j’ai compris le double sens des termes médicaux qui ne nous évoquent rien mais qui pourtant veulent tout dire. Un mois après ma chirurgie viscérale pour cause d'hernies ombilicales, je savais maintenant que j’avais deux hernies discales. Voilà pourquoi mes lombaires me tyrannisaient depuis des mois (et des mois).


Les dieux n'ont pas dû entendre ma prière à cause du bruit de l'IRM. Tant pis.


J’ai été triste une partie du week-end mais j'ai essayé de me dire que j’avais plein de possibilités autre que la chirurgie. Lundi, je décidais donc d’aborder ma semaine en essayant d’être optimiste et raisonnée !


J’ai tenu jusqu’à 15h00. Heure de mon rendez-vous de contrôle avec mon ORL. Après les tests habituels il m’a demandé :


“ - Vous êtes gênée par votre perte d’audition ?

- Un peu, je fais souvent répéter les gens puis parfois je réponds au bluff ! ai-je répondu, et puis, c’est vrai que j’ai des acouphènes en permanence.

- Je veux bien vous croire”. a-t-il dit en regardant mes résultats.


Puis il m’a annoncé que ma maladie, déjà opérée il y a 5 ans, s’était attaquée à l’oreille interne et que le seul traitement préventif était l’appareillage des deux oreilles.


Oui, un APPAREILLAGE, tous les jours de toute l'année ! Comme les dames seniors dans les publicités.


J’aurai préférée être totalement sourde plutôt que d’entendre ça...


J’ai eu l’impression d’être dans un mauvais rêve. Porter des appareils auditifs aux deux oreilles à 31 ans alors qu'on a déjà du mal à gérer une colonne vertébrale sinueuse et capricieuse, ça me semblait trop.


J’ai pleuré au téléphone avec mon Mari, avec ma Maman. J’ai ressenti de la honte, du découragement, une immense tristesse et un besoin de relativiser. Oui, tout ça mélangé.


Au fil de la semaine, entre deux envies de pleurer, entre un nouveau dossier MDPH et un dossier de financement, entre deux cours de yoga, Je me suis dis que j’avais la chance. La chance d’être en France et non dans un village dirigé par des talibans. La chance de pouvoir être prise en charge. Et peut-être même la chance que ma maladie devienne visible pour me donner l’occasion de relâcher la pression, d’assumer qui je suis.


On verra.


Comme dit une amie chère ; “ce qui est dehors n’est plus dedans”. Écrire et être lue, c’est rendre la chose réelle et si la chose est réelle alors j’ai plus de chance de l’accepter. Et puis Frida avait raison, on peut endurer bien plus qu’on ne le pense.

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