• Diane

Les dessous du yoga "pro"

Mis à jour : 29 juin 2019


- "Le monde du yoga part en vrille.

- Il n'y a plus de traditions.

- On assiste à un vaste n'importe quoi".



Personnellement, J'ai un parcours que certains jugent peut-être comme Light pour donner des cours, je me suis d'ailleurs posé tellement de questions... je n'avais jamais envisagé de me lancer dans cette aventure mais une suite d'événements bien "alignés" m'y ont amené et si je le fais depuis près de deux ans maintenant (malgré un manque de confiance en moi chronique) je suis à présent certaine de mon expérience. Celle de la douleur physique qui me permet d'avoir une vraie conscience de mon corps, celle des heures passer sur le tapis à vivre, à respirer, à souffrir aussi en pratiquant via ce corps abîmé.


Je ne me positionne pas comme une experte, je n'ai pas de vérité mais en développant AgendaYoga et en mutant ma passion en métier, j'observe des choses... Je vous raconte.


"LES PROFS DE YOGA, CA PULLULE"


Il y a un vrai débat sur la professionnalisation des profs de yoga, l’inexistence de diplôme officiel, la non-reconnaissance du métier par l'état.


J'ai écrit un post l'an passé sur les formations dans notre région sur AgendaYoga : à lire ici dans lequel j'ai exposé certaines des formations existantes et des avis de professeurs.


Le yoga dépend du ministère de la culture et non des sports et pour cause, même si de belles infographies pinterest tendent à classifier les différents types de yoga, il reste compliqué d'être catégorique ; le yoga n'est pas un sport, le yoga n'est même pas supposé être une pratique physique.


Classé dans la catégorie de la "culture" au même titre qu'une religion quiconque peut, n'importe quand, louer une salle, acheter des tapis et se lancer. Personne ne viendra vérifier qui vous êtes et ce que vous faites. Cela ne veut pas dire que l'enseignement ne sera pas de qualité, mais le fait est qu'il n'existe aucun encadrement. Pour le moment.


Certains coachs sportifs sont agacés par ce manque de professionnalisation qu'ils vivent comme une sorte d'injustice, ce qui est tout à fait légitime face à des yoga dynamiques très physiques qui pourraient avoir une approche très fitness.


Une fois, l'une d'entre elle qui ignorait ma seconde activité s'était confiée :

"Les profs de yoga ? ça pullule ! Mais moi j'ai un diplôme d'état français ! C'est comme si un rebouteux s'installait en face d'un médecin" .


Tu n'avais rien demandé ? Boom, dans ta face, c'est cadeau.


Du coup, y'a des rumeurs : "sans BPJEPS en poche, on peut venir te fermer ton cours à tout moment" , par chance on ne me parlait pas à moi, ouf.


Comme il n'y a pas d'encadrement, il existe autant de formations que vous pouvez l'imaginer. Y'a des formations express : un mois ou moins et celles à rallonge : trois ans ou plus.

Y'a des grandes pensées "Quoi ? se former en Inde quelle idée ! Ce sont les occidentaux qui ont ramené le yoga à la vie" et le contraire "Se faire former par des occidentaux ? Quelle connerie, autant aller à la source !". On peut se former dans des écoles privées comme des écoles de commerce et même dans certaines facultés. Il paraîtrait que certaines personnes sur le web, proposeraient même des formations par correspondance...


Y'a des organismes qui se montent pour tenter d'y voir plus claire comme Yoga Alliance (qui, prononcé à l'anglaise te ferait presque passer pour une personne bilingue) et y'a ceux qui froncent les sourcils en disant que ça n'est qu'une pompe à fric.


D'un côté, Je vois des professeurs remplir leur studio sans faire de publicité, parce qu'ils sont là depuis longtemps, droits & bien rodés dans leur enseignement. De l'autre, Je vois des presque-professeurs qui lancent leur compte instagram professionnel avant même d'avoir achevé la formation tellement pressés d'en être, à grand renfort de hashtags.


Par extension, y'a les puristes qui déplorent l'émergence du yoga moderne et de son marketing qu'ils qualifient de dérives. Et y'a les autres, ceux qui surfent amplement sur cette vague pour faire vendre tout et parfois n'importe quoi. (Ne me pointez pas du doigt, AgendaYoga est un service gratuit pour tous, parlez-en à mon comptable !).


Finalement, si je résumais à l'extrême, je pourrais dire que dans une science de vie qui signifie Union, c'est peu comme si on opposait un yoga-bobo à un yoga-roots, les leggings haut de gamme aux sarouels baba-cool. Et ça me semble carrément paradoxal.


Comme dans n'importe quel secteur d'activité qui regroupe des êtres humains, le yoga "business / tendance" est plein de contradiction, de désaccord et de gens qui s'embrouillent tranquillement tous persuadés d'avoir raison ou pire d'avoir LA vérité (mais ça, c'est presque un autre sujet...).


A chacun d'en tirer son enseignement.


YOGA AUTHENTIQUE MAIS FINANCIER


Face à cette jungle, dont j'ignorais tout quand j'ai commencé à me former ; j'ai d'abord fait 2 formations ; un courte en 1 mois en Inde enfin à Goa (pour certain c'est encore pire, c'est comme un mariage à Vegas...) et une seconde d'1 an en France. Sans me la jouer cliché, ça a largement changé ma vie, ma vision des choses, mon rapport à mon corps, j'ai eu un boost de vie, de confiance, d'amour bref portée par une force délicieuse j'ai eu envie d'accumuler encore plus de savoir et j'ai opté récemment pour une nouvelle formation sur 3 ans.


J'allais enfin devenir respectable ! Je pensais que j'allais retrouver un peu d'ancrage, un peu de confiance car plus les mois passaient et plus je commençais à douter de moi et de ma légitimité. Comme d'hab, en fait.


J'étais ravie, décidée, motivée, lassée d'étudier mes bouquins seule chez moi.

Car telle est la vérité, chez moi je ne déroule que rarement mon tapis, par contre j'ouvre mes livres tous les jours pour apprendre.


J'ai donc mis des sous de côté et je me suis lancée.


Il m'a fallut d'abord survivre à l'entretien durant lequel je me suis entendue dire que le yoga qui m'avait en quelque sorte sauvé la vie ces dernières années après mes opérations et le diagnostic de ma maladie des os, c'était de la merde : "L'ashtanga yoga n'est pas dans la tradition, le vinyasa flow c'est du cirque, dans notre école, nous sommes véritablement dans LA tradition, dans le yoga authentique tel qu'il nous ait enseigné dans les textes !" ; et venant d'une personne experte du yoga et de ses textes, j'ai trouvé le discours véritablement chargé de jugements et tout sauf bienveillant.


Me rappelant ce que j'avais traversé ces dernières années, j'avais un peu les boules mais prenant cela comme un test, je ne me suis pas démontée et j'ai maintenu ma candidature presque déterminée à montrer que cette personne se trompait.


Une fois la première année de formation prépayée (comptez 2 000 euros environ ou 5 chèques de 400€ si ça vous parle mieux) et à quelques semaines du premier week-end de formation, l'école m'a contactée pour m'apprendre que la session (comprenez l'année) était annulée au profit d'une autre ville (à 200km) où la demande était plus forte.


Authenticité ? Non, loi du marché. Nuance.


J'ai demandé à ce que mes chèques soient déchirés, j'ai retiré mon nom de la liste et j'ai rangé mon cartable.


DES "USINES A YOGIS"

Je pars du principe que les gens qui tombent dans le yoga - car pour moi on tombe dans le yoga comme on tombe amoureux : éperdument - sont forcément à la recherche de choses positives, bénéfiques.


Entre la Côte Basque et le Sud des Landes, j'ai référencé sur ma plateforme jusqu'à 200 profs l'an passé. Certains en vivent, d'autres aspirent à en vivre, d'autres encore font ça en seconde activité ou en tant que loisirs. Ce qui me semble certain c'est qu'on ne fait ça ni pour la gloire ni pour être riche sinon on serait tous youtubeurs-humoristes ou instagrammeuses-mode.


Chaque personne qui prend le chemin d'une formation arrive avec son histoire de vie, ses blessures, ses forces, ses peurs aussi et le yoga vient sublimer, réparer, travailler sur tout ça. On ne va que vers le mieux, que vers le beau, à la recherche d'un équilibre pour traverser notre vie au mieux.


Si aujourd'hui on voit beaucoup "d'usines à yogis" : en quoi est-ce mal tant que les personnes qui se forment aspirent au mieux, à l’honnêteté et surtout tant que les pratiquants qui viennent aux cours s'y retrouvent ?


Les "élèves" sont aussi variés que l'offre. Tandis que certains veulent de la philosophie et des méditations, d'autres ne voudront que transpirer sur un tapis ou atteindre une posture précise. C'est eux qui choisissent.


Les gens se forment à la méditation, à la science du corps, de l'esprit et à celle du cœur. Plus leur passion sera alimentée, plus ils seront curieux des textes, de l'anatomie, de la philosophie. Alors un mois, un an, quatre ans, dix ans ... chacun sa formule, chacun son rythme.


C'est sans doute une chance de voir les yogis "pulluler" dans ce monde. Restons simplement en conscience.


Pour ma part, je laisse les formations de côté. Ce mot m'a tellement pris la tête ses dernières années qu'il résonne presque comme un gros mot à mes oreilles. La formation parfaite qui me conviendrait n'existe pas. J'opte désormais pour les stages, les masters class et la pratique encore et encore comme une personne qui mange pour se nourrir en allant au studio chaque semaine et en écoutant ce que me dit la personne qui guide la pratique du jour.


Y'a pas de destination, y'a juste un chemin.

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Diane HARY | +33(0)6.66.38.70.17 | Côte Basque - FRANCE

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