• Diane

Trop occupée pour être en paix.

Mis à jour : 29 juin 2019

  • Médicaments : entre 6 et 10 par jour

  • Situation géographique : 90% dans mon lit

  • Heures passées devant Netflix : une 10zaine

  • Heures à travailler : une 10zaine aussi !

  • Niveau de Grignotage égal à mon niveau de soupe

  • Hygiène : rarement à jour avant midi

  • Moral : tout à fait acceptable



J'ai une pile de livres et de magazines au pied de mon lit qui n'attendent que moi et bizarrement je n'attends qu'eux mais même en restant des heures seule à "me reposer" à la maison, je manque de temps. Je ne rigole pas, je manque de temps !


Trop occupée à me dire que je devrais me lever pour me laver, trop occupée à me dire que je devrais avancer sur tel ou tel dossier d'AgendaYoga, trop occupée à anticiper mon planning de cours de la rentrée pour Panya Yoga, trop occupée à me mettre la pression pour avancer sur mon manuscrit "presque" terminé depuis déjà 2 ans, trop occupée à souhaiter que ma pote débarque à l'improviste avec un Chaï latte et surtout peu de son temps mais sans oser lui demander et donc trop occupée à cultiver espoir et ressentiment dans mon coin en simultané. Trop occupée à me stresser sur le retour aux asanas quand mon ventre sera guéri. Trop occupée à avoir hâte de mes meilleures copines débarquent pour les fêtes.


Bref, je suis super occupée.


Tellement occupée pour des trucs imaginaires ou du moins "pas palpables" que je suis stressée. Je réalise surtout qu'en situation d'inactivité physique, je ressens un vide qui fait sans doute écho à mes blessures et convalescences forcées du passé et qui me tétanise. Comme si moi, nana blessée au physique douloureux je ne me définissais uniquement dans les mouvements que j'ai si peur de ne plus réaliser. Je ne parle pas de prouesse physique sur un tapis de yoga, je ne parle pas de photos instagram à base de postures de cirques ; je parle de mouvements du quotidien. Ouvrir le frigo sans avoir mal, remplir ma bouilloire, m’asseoir, m'allonger, me tourner dans le lit, jouer avec ma fille, lui donner sa douche, prendre ma voiture. Bref les mouvements de la vie.


Lors d'une récente dispute, il m'a été dit que je n'avais pas le monopole de la douleur.

Je n'ai jamais dit le contraire ; j'ai des douleurs chroniques certes, j'ai des douleurs post-op en ce moment évidemment mais je ne souffre pas atrocement comme une personne en fin de vie et je n'ai pas non plus le monopole de l'handicap. Que ce soit clair. Je viens d'avoir une petite opération sans gravité mais nécessaire. Je suis contente que ce soit fait. Mais je le suis moins face à l'inactivité physique qu'elle amène pour toutes les raisons qui déterminent qui-je-suis aujourd'hui.


J'ai mis plusieurs années pour comprendre que ma vie ne pourrait s'améliorer qu'en prenant soin de mon dos tordu puis cassé et opéré. Depuis je n'ai cessé, chaque jour, non-stop, de faire des efforts pour aller toujours au delà de la douleur, au delà des obstacles. Alors m'arrêter, même si je n'ai aucun monopole, oui, ça me fait chier.


Ce dos, cette maladie des os m'a apporté une force sans demi-mesure. Cette détermination est pourtant fondée sur des failles de ouf. Quand le mouvement s'arrête, les failles bougent.


Comme celle de la confiance, de l'estime car je passe ma vie à me demander si je suis légitime. En tout et pour tout. En instructrice de yoga, en entrepreneur, en mère, en épouse, en nana de 31 ans. Je n'arrête pas de me dire que je devrais faire mieux, différemment. J'ai constamment peur du jugement des autres. Jugements que je suppose ! Persuadée qu'untel pense ceci de moi et que bidule pense cela.


Pour dire, Je manque tellement de confiance que lorsque je connais la réussite dans un projet professionnel : un client content, un cours de yoga plein, un projet rentable ; j'en suis souvent la première étonnée.


Quand ça se produit, je repense à une de mes formatrices de yoga qui m'avait dit un jour face à mes questions pleines de larmes "ça laisse se poser la question de la transmission..." comme si j'étais trop en vrac pour partager ou transmettre quoi que ce soit. (Qui vous a dit que le monde du yoga était plein de bienveillance ?) Bien sûr que ça m'a blessé et pire ; j'ai laissé cette croyance s'installer en moi et consolider mes putain de failles.


Ma transmission, qu'elle passe par le yoga ou par l'écriture est juste ce qu'elle est, elle vaut ce qu'elle vaut et tant pis si c'est moyen : je suis une nana moyenne depuis toujours ! Elle a au moins le mérite d'être authentique.


Je connais la plupart des outils pour prendre soin de moi, je connais toute la théorie pour être dans le moment présent, pour lâcher prise, pour approcher le mieux-être Mais le truc, je crois, c'est d'intégrer que malgré une route au moins aussi sinueuse que ma double scoliose, tout a une fin (ce qui me semble une source de réconfort) et rien ne viendra des autres. Ni l'approbation, ni le salut, ni le réconfort, ni même la paix ou l'amour. Tout est déjà là en moi, pour moi, de moi ! Alors maintenant, place à la glandouille constructive. ♥


Certifié sans prise de médicaments bizarres.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous.

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Diane HARY |+33(0)6.66.38.70.17 | Côte Basque - FRANCE

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