• Diane

Travailleuse handicapée (invisible)

Mis à jour : 20 déc. 2018

Atteinte de la maladie de Lobstein, je souffre d'un ensemble de pathologies qui sont assez présentes dans mon quotidien pour me définir comme une personne handicapée.

Tel est le mot qui fait peur.


Le saviez-vous ? il paraît que 80% des handicaps sont invisibles. Personnellement, je ne le savais pas et j'ai longtemps gardé cela pour moi dans mon coin. Durant des années, Je me suis trouvée trop valide pour être handicapée et trop handicapée pour être totalement valide...



Quand j'étais salariée, je n'ai jamais brandi ma reconnaissance handicapée ou ma carte d'invalidité pour avoir une meilleure place de parking ou un aménagement de poste car j'ai longtemps considéré que cela revenait à me tirer une balle dans le pied (sans mauvais esprit). Non pas parce que j'avais honte mais parce que mon handicap était invisible ; une maladie des os, une affectation du collagène, une ostospongiose (surdité) et une grosse scoliose.


Par définition, la personne souffrant d’un handicap invisible a souvent des difficultés à se faire reconnaître par les autres comme handicapée. Les situations de handicap sont mal identifiées par l'entourage qui ne comprend pas les difficultés qu’il peut rencontrer sur des tâches simples.


Passionnée par mon métier, je ne voulais pas sembler faible alors je me montrais toujours forte même quand je n'avais plus de piles, quitte à serrer les dents en déplacements ou sur des missions physiquement éprouvantes.


Je jonglais secrètement avec mon job et ma santé sans jamais me plaindre et rien demander.

La médecine du travail m'avait conseillé : "Vous faites le bon choix en demandant une reconnaissance à la Maison Départementale pour les Personnes Handicapées mais si ça vous gène vis à vis de votre employeur vous n'êtes pas tenue de le dire". Cette phrase m'avait rassurée car je m'étais sentie soutenue et soulagée de pouvoir partager mon secret.


En proposant des séance de yoga, mon questionnement est revenu. Comment aborder ma santé avec cette nouvelle activité ? Quels discours tenir aux professionnels mais aussi aux pratiquants venus partager une séance ? Comment expliquer aux personnes qui me voient me tordre sur mon tapis que c'est justement la pratique qui me soulage ? Pour quelle communication opter ?


Alors que j'ai longtemps souhaité "passer à autre chose" et ne pas me définir uniquement par cette particularité, j'ai fini par comprendre le caractère intrinsèque de cette pathologie. Cet état de fait ne résulte pas d'un acquis mais est bel et bien inné. Partant de ce constat, dans l'utilisation de tous mes canaux de communication j'ai décidé d'expliquer (à ne pas confondre avec "se justifier") puis de cultiver les trois A : Accepter - Assumer - Avancer.


A présent j'ose davantage dire "Peux-tu répéter, j'entends mal" ou "Je ne peux pas porter cette charge seule, je souffre du dos" sans passer pour une personne paresseuse ou nonchalante.


Cela ne nuit pas à mes relations professionnelles par contre, cela apaise ma relation à moi-même. Eh oui, comment faire accepter le handicap à votre entourage professionnel, si vous même vous ne l'acceptez pas pour vous ?!


Diane HARY | +33(0)6.66.38.70.17 | Côte Basque - FRANCE

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